The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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En sortant de Sophie je traversai pendant cinquante milles cette plaine dont j’ai fait mention.  Le pays est bien peuple, et les habitans sont des Bulgares de religion Grecque.  J’eus ensuite un pays de montagnes, qui cependant est assez bon pour le cheval; puis je trouvai en plaine une tres-petite ville nommee Pirotte, situee sur la Nissave.  Elle n’est point fermee; mais elle a un petit chateau qui, d’une part est defendu par la riviere, et de l’autre par un marais.  Au nord est une montagne.  Il n’y a d’habitans que quelques Turcs.

Au-dela de Pirotte on retrouve un pays montagneux; apres quoi l’on revient sur ses pas pour se rapprocher de la Nissave, qui traverse une belle vallee entre deux assez hautes montagnes.  Au pied d’une des deux etoit la ville d’Ysvouriere, aujourd’hui totalement detruite, ainsi que ses murs.  On cotoie ensuite la riviere, en suivant la vallee; on trouve une autre montagne dont le passage est difficile, quoiqu’il y passe chars et charrettes.  Enfin on arrive dans une vallee agreable qu’arrose encore la Nissave; et apres avoir traverse la riviere sur un pont, on entre dans Nisce (Nissa).

Cette ville, qui avoit un beau chateau, appertenoit au despote de Servie.  Le Turc l’a prise de force il y a cinq ans, et il l’a entierement detruite; elle est dans un canton charmant qui produit beaucoup de riz.  Je continuai par-dela Nissa de cotoyer la riviere; et le pays, toujours egalement beau, est bien garni de villages.  Enfin je la passai a un bac, ou je l’abandonnai.  Alors commencerent des montagnes.  J’eus a traverser une longue foret fangeuse, et, apres dix journees de marche depuis Andrinople, j’arrivai a Corsebech, petite ville a un mille de la Morane (Morave.)

La Morave est une grosse riviere qui vient de Bosnie.  Elle, separe la Bulgarie d’avec la Rascie ou Servie, province qui porte egalement ces deux noms, et que le Turc a conquise depuis six ans.

Pour Corsebech, il avoit un petit chateau qu’on a detruit.  Il a encore une double enceinte de murs; mais on en a demoli la partie superieure jusqu’au-dessous des creneaux.

J’y trouvai Cenamin-Bay, capitaine (commandant) de ce vaste pays frontiere, qui s’etend depuis la Valaquie jusqu’en Esclavonie.  Il passe dans la ville une partie de l’annee.  On m’a dit qu’il etoit ne Grec, qu’il ne boit point de vin, comme les autres Turcs, et que c’est un homme sage et vaillant, qui s’est fait craindre et obeir.  Le Turc lui a confie le commandement de cette contree, et il en possede en seigneurie la plus grande partie.  Il ne laisse passer la riviere qu’a ceux qu’il connoit, a moins qu’ils ne soient porteurs d’une lettre du maitre, ou, en son absence, du seigneur de la Grece.

Nous vimes la une belle personne, genti-femme du royaume de Hongrie, dont la situation nous inspira bien de la pitie.  Un renegat Hongrois, homme du plus bas etat, l’avoit enlevee dans une course, et il en usoit comme de sa femme.  Quand elle nous apercut elle fondit en larmes; car elle n’avoit pas encore renonce a sa religion.

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