The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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Peu apres j’arrivai a Pheropoly, [Footnote:  C’est une erreur de copiste:  lui-meme, quelques lignes plus bas, a ecrit l’helippopoly, et en effet c’est de Philippopoli qu’il est mention.] capitale de la Macedoine, et batie par le roi Philippe.  Elle est sur la Marisce, dans une grande plaine et un excellent pays, ou l’on trouve toutes sortes de vivres et a bon compte.  Ce fut jadis une ville considerable, et elle l’est encore.  Elle renferme trois montagnes, dont deux sont a une extremite vers le midi, et l’autre au centre.  Sur celle-ci etoit construit un grand chateau en forme de croissant allonge; mais il a ete detruit.  On me montra l’emplacement du palais du roi Philippe, qu’on a de meme demoli, et dont les murs subsistent encore.  Philippopoli est peuplee en grande partie de Bulgares qui tiennent la loi Gregoise (qui suivent la religion Grecque).

Pour en sortir je passai la Marisce sur un pont, et chevauchai pendant une journee toute entiere a travers cette plaine dont j’ai parle; elle aboutit a une montagne longue de seize a vingt milles, et couverte de bois.  Ce lieu etoit autrefois infeste de voleurs, et tres-dangereux a passer.  Le Turc a ordonne que quiconque y habiteroit fut Franc, et en consequence il s’y est eleve deux villages peuples de Bulgares, et dont l’un est sur les confins de Bulgarie et de Macedoine.  Je passai la nuit dans le premier.

Apres avoir traverse la montagne, on trouve une plaine de six milles de long sur deux de large; puis une foret qui peut bien en avoir seize de longueur; puis une autre grande plaine totalement close de montagnes, bien peuplee de Bulgares, et ou l’on a une riviere a traverser.  Enfin j’arrivai en trois jours a une ville nommee Sophie, qui fut autrefois tres-considerable, ainsi qu’on le voit par les debris de ses murs rases jusqu’a terre, et qui aujourd’hui encore est la meilleure de la Bulgarie.  Elle a un petit chateau, et se trouve assez pres d’une montagne au midi, mais situee au commencement d’une grande plaine d’environ soixante milles de long sur dix de large.  Ses habitans sont pour la plupart des Bulgares, et il en est de meme des villages.  Les Turcs n’y forment que le tres-petit nombre; ce qui donne aux autres un grand desir de se tirer de servitude, s’ils pouvoient trouver qui les aidat.

J’y vis arriver des Turcs qui venoient de faire une course en Hongrie.  Un Genois qui se trouvoit dans la ville, et qu’on nomme Nicolas Ciba, me raconta qu’il avoit vu revenir egalement ceux qui repasserent le Danube, et que sur dix il n’y en avoit pas un qui eut a la fois un arc et une epee.  Pour moi, je dirai que parmi ceux-ci j’en trouvai beaucoup plus n’ayant ou qu’un arc ou qu’une epee seulement, que de ceux qui eussent les deux armes ensemble.  Les mieux fournis portoient une petite targe (bouclier) en bois.  En verite, c’est pour la chretiente une grande honte, il faut en convenir, qu’elle se laisse subjuguer par de telles gens.  Ils sont bien au-dessous de ce qu’on les croit.

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