The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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II y a deux journees de Barut a Damas.

Par toute la Syrie les Mahometans ont etabli pour les chretiens une coutume particuliere qui ne leur permet point d’aller a cheval dans les villes.  Aucun d’eux, s’il est connu pour tel, ne l’oseroit, et en consequence notre moucre, avant d’entrer, nous fit mettre pied a terre, messire Sanson et moi.

A peine etions nous entres qu’une douzaine de Sarrasins s’approcha pour nous regarder.  Je portois un grand chapeau de feutre, qui n’est point d’usage dans le pays.  Un d’eux vint le frapper par dessous d’un coup de baton, et il me le jeta par terre.  J’avoue que mon premier mouvement fut de lever le poing sur lui.  Mais le moucre, se jetant entre nous deux, me poussa en arriere, et ce fut pour moi un vrai bonheur; car en un instant trente ou quarante autres personnes accoururent, et, si j’avois frappe, je ne sais ce que nous serions devenus.

Je dis ceci pour avertir que les habitans de cette ville sont gens mechants qui n’entendent pas trop raison, et que par consequent il faut bien se garder d’avoir querrelle avec eux.  Il en est de meme ailleurs.  J’ai eprouve par moi-meme qu’il ne faut vis-a-vis d’eux ni faire le mauvais, ni se montrer peureux; qu’il ne feut ni paroitre pauvre, parce qu’ils vous mepriseroient; ni riche, parce qu’ils sont tres avides, ainsi que l’experimentent tous ceux qui debarquent a Jaffa.

Damas peut bien contenir, m’a-t-on dit, cent mille ames. [Footnote:  Il y dans le texte cent mille hommes.  Si, par ce mot hommes, l’auteur entend les habitans males, alors, pour comprendre les femmes dans la population, il faudroit compter plus de deux cent mille individus au lieu de cent mille.  S’il entend les personnes en etat de porter les aimes, son etat de population est trop fort et ne peut etre admis.] La ville est riche, marchande, et, apres le Caire, la plus considerable de toutes celles que possede le soudan.  Au levant, au septentrion et au midi, elle a une grande plaine; au ponant, une montagne au pied de laquelle sont batis les faubourgs.  Elle est traversee d’une riviere qui s’y divise en plusieurs canaux, et fermee dans son enceinte seulement de belles murailles; car les faubourgs sont plus grands que la ville.  Nulle part je n’ai vu d’aussi grands jardins, de meilleurs fruits, une plus grande abondance d’eau.  Cette abondance est telle qu’il y a peu de maisons, m’a-t-on dit, qui n’aient leur fontaine.

Le seigneur (le gouverneur) n’a, dons toute la Syrie et l’Egypte, que le seul soudan qui lui soit superieur en puissance.  Mais comme en differens temps quelques-uns d’eux se sont revoltes, les soudans ont pris des precautions pour les contenir.  Du cote de terre est un grand et fort chateau qui a des fosses larges et profonds.  Ils y placent un capitaine a leur choix, et jamais ce capitaine n’y laisse entrer le gouverneur.

En 1400 Damas fut detruite en cendres par le Trambulant (Tamerlan).  On voit encore des vestiges de ce desastre; et vers la porte qu’on appelle de Saint-Paul, il y a un quartier tout entier qui n’est pas rebati.

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