The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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L’autre, devise en deux livres, par commemoration des deux epees dont il est mention dans l’Evangile, sous-divise en douze chapitres a l’honneur des douze apotres, traitoit des differentes routes entre lesquelles l’armee avoit a choisir, des precautions de detail a prendre pour le succes de l’entreprise, enfin des moyens de diriger et d’assurer l’expedition.

Quant a celui-ci, dont les matieres concernent entierement la marine et l’art militaire, on est surpris de voir l’auteur l’avoir entrepris, lui qui n’etoit qu’un simple religieux.  Mais qui ne sait que, dans les siecles d’ignorance, quiconque est moins ignorant que ses contemporains, s’arroge le droit d’ecrire sur tout?  D’ailleurs, parmi les conseils que Brochard donnoit au roi et a ses generaux, son experience pouvoit lui en avoir suggere quelquesuns d’utiles.  Et apres tout, puisque dans la classe des nobles auxquels il eut appartenu de traiter ces objets, il ne se trouvoit personne peut-etre qui put offrir et les memes connoissances locales que lui et un talent egal pour les ecrire, pourquoi n’auroit-il pas hasarde ce qu’ils ne pouvoient faire?

Quoiqu’il en soit du motif et de son excuse, il paroit que l’ouvrage fit sur le roi et sur son conseil une impression favorable.  On voit au moins, par la continuation de la Chronique de Nangis, que le monarque envoya in terram Turcorum Jean de Cepoy et l’eveque de Beauvais avec quelque peu d’infanterie ad explorandos portus et passus, ad faciendos aliquas munationes et praeparationes victualium pro passagio Terre Sanctae; et que la petite troupe, apres avoir remporte quelques avantages aussi considerables que le permettoient ses foibles forces, revint en France l’an 1335. [Footnote:  Spicil. t.  II. p. 764.]

Au reste tout ce fracas d’armemens, de preparatifs et de menaces dont le royaume retentit pendant quelques annees, s’evanouit en un vain bruit.  Je ne doute point que, dans les commencemens, le roi ne fut de bonne foi.  Sa vanite s’etoit laissee eblouir par un projet brillant qui alloit fixer sur lui les yeux de l’Asie et de l’Europe; et les esprits mediocres ne savent point resister a la seduction de pareilles chimeres.  Mais bientot, comme les caracteres foibles, fatigue des difficultes, il chercha des pretextes pour se mettre a l’ecart; et dans ce dessein il demanda au pape des titres et de l’argent, que celui-ci n’accorda pas.  Alors on ne parla plus de l’expedition; et tout ce qu’elle produisit fut d’attirer la colere et la vengeance des Turcs sur ce roi d’Armenie, qui etoit venu en France solliciter contre eux une ligue et des secours.

Au siecle suivant, la meme fanfaronnade eut lieu a la cour de Bourgogne, quoique avec un debut plus serieux en apparence.

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