The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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Il me dit que mondit seigneur d’Autriche, instruit que j’etois serviteur de mondit seigneur le duc, l’envoyoit vers moi pour m’offrir tout ce qui dependoit de lui; qu’il m’invitoit a le demander aussi hardiment que je le ferois envers mondit seigneur, et qu’il vouloit traiter ses serviteurs comme il feroit les siens meme.  Messire Albrech parla ensuite en son nom:  il me presenta de l’argent, m’offrit des chevaux et autres objets; en un mot il me rendit le bien pour le mal, quoiqu’apres tout cependant je n’eusse fait envers lui que ce que l’honneur me permettoit et m’ordonnoit meme de faire.

Deux jours apres, mondit seigneur d’Autriche m’envoya dire qu’il vouloit me parler; et ce fut encore messire Albrech qui vint me prendre pour lui faire la reverence.  Je me presentai a lui au moment ou il sortoit de la messe, accompagne de huit ou dix vieux chevaliers notables.  A peine l’eus-je salue qu’il me prit la main sans vouloir permetter que je lui parlasse a genoux.  Il me fit beaucoup de questions, et particulierement sur mondit seigneur; ce qui me donna lieu de presumer qu’il l’aimoit tendrement.

C’etoit un homme d’assez grande taille et brun; mais doux et affable, vaillant et liberal, et qui passoit pour avoir toutes sortes de bonnes qualites.  Parmi les personnes qui l’accompagnoient etoient quelques seigneurs de Boheme que les Houls en avoient chasses parce qu’ils ne vouloient pas etre de leur religion. [Footnote:  Houls, Hussites, disciples de Jean Hus (qu’on prononcoit Hous), sectaires fanatiques qui dans ce siecle inonderent la Boheme de sang, et se rendirent redoutables par leurs armes.]

Il se presenta egalement a lui un grand baron de ce pays, appele Paanepot, qui, avec quelques autres personnes, venoit, au nom des Hussites, traiter avec lui et demander la paix.  Ceux-ci se proposoient d’aller au secours du roi de Pologne contre les seigneurs de Prusse, et ils lui faisoient de grandes offres, m’a-t-on dit, s’il vouloit les seconder; mais il repondit, m’a-t-on encore ajoute, que s’ils ne se soumettoient a la loi de Jesus-Christ, jamais, tant qu’il seroit en vie, il ne feroit avec eux ni paix ni treve.

En effet, au temps ou il leur parloit les avoit deja battus deux fois.  Il avoit repris sur eux toute la Morane (Moravie), et, par sa conduite et sa vaillance, s’etoit agrandi a leurs depens.

Au sortir de son audience je fus conduite a celle de la duchesse, grande et belle femme, fille de l’empereur, et par lui heritiere du royaume de Hongrie et de Boheme, et des autres seigneuries qui en dependent.  Elle venoit tout recemment d’accoucher d’une fille; ce qui avoit occasionne des fetes et des joutes d’autant plus courues, que jusque-la elle n’avoit point eu d’enfans.

Le lendemain mondit seigneur d’Autriche m’envoya inviter a diner par messire Albrech, et il me fit manger a sa table avec un seigneur Hongrois et un autre Autrichien.  Tous ses gens sont a gages, et personne ne mange avec lui que quand on est en prevenu par son maitre d’hotel.

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