The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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En traversant la Hongrie j’ai souvent rencontre des chariots qui portoient six, sept ou huit personnes, et ou il n’y avoit qu’un cheval d’attele; car leur coutume, quand ils veulent faire de grandes journees, est de n’en mettre qu’un.  Tous ont les roues de derriere beaucoup plus hautes que celles de devant.  Il en est de couverts a la maniere du pays, qui sont tres-beaux et si legers qu’y compris les roues un homme, ce me semble, les porteroit sons peine suspendus a son cou.  Comme le pays est plat et tres-uni, rien n’empeche le cheval de trotter toujours.  C’est a raison de cette egalite de terrain que, quand on y laboure, on fait des sillons d’une telle longueur que c’est une merveille a voir.

Jusqu’a Pest je n’avois point eu de domestique; la je m’en donnai un, et pris a mon service un de ces compagnons maccons [sic—­KTH] Francais qui s’y trouvoient.  Il etoit de Brai-sur-Somme.

De retour a Bude j’allai, avec l’ambassadeur de Milan, saluer le grand comte de Hongrie, titre qui repond a celui de lieutenant de l’empereur.  Le grand comte m’accueillit d’abord avec beaucoup de distinction, parce qu’a mon habit il me prit pour Turc; mais quand il sut que j’etois chretien il se refroidit un peu.  On me dit que c’etoit un homme peu sur dans ses paroles, et aux promesses duquel il ne falloit pas trop se fier.  C’est un peu la en general ce qu’on reproche aux Hongrois; et, quant a moi, j’avoue que, d’apres l’idee que m’ont donnee d’eux ceux que j’ai hantes, je me fierois moins a un Hongrois qu’a un Turc.

Le grand comte est un homme age.  C’est lui, m’a-t-on dit, qui autrefois arreta Sigismond, roi de Behaigne (Boheme) et de Hongrie, et depuis empereur; c’est lui qui le mit en prison, et qui depuis l’en tira par accommodement.

Son fils venoit d’epouser une belle dame Hongroise.  Je le vis dans une joute qui, a la maniere du pays, eut lieu sur de petits chevaux et avec des selles basses.  Les jouteurs etoient galamment habilles, et ils portoient des lances fortes et courtes.  Ce spectacle est tres-agreable.  Quand les deux champions se touchent il faut que tous deux, ou au moins l’un des deux necessairement, tombent a terre.  C’est la que l’on connoit surement ceux qui savent se bien tenir en selle. [Footnote:  En France, pour les tournois et les joutes, ainsi que pour les batailles, les chevaliers montoient de ces grands et fort chevaux qu’on appeloit palefrois.  Leurs selles avoient par-devant et par-derriere de hauts arcons qui, par les points d’appui qu’ils leur fournissoient, leur donnoient bien plus de moyens de resister au coup de lance que les petits chevaux et les selles basses des Hongrois; et voila pourquoi notre auteur dit que c’est dans les joutes Hongroises qu’on peut reconnoitre le cavalier qui sait bien se tenir en selle.]

Quand ils joutent a l’estrivee pour des verges d’or, tous les chevaux sont de meme hauteur; toutes les selles sont pareilles et tirees au sort, et l’on joute par couples toujours paires, un contre un.  Si l’un des deux adversaires tombe, le vainqueur est oblige de se retirer, et il ne joute plus.

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