The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

Je conclus qu’avec de bonnes troupes composees des trois nations que j’ai nommees, Francais, Anglais et Allemands, on sera sur du succes, et que si elles sont en nombre suffisant, bien unies et bien commandees, elles iront par terre jusqu’a Jerusalem.  Mais je reprends mon recit.

Je traversai le Danube a Belgrade.  Il etoit en ce moment extraordinairement gonfle, et pouvoit bien avoir douze milles de large.  Jamais, de memoire d’homme, on ne lui avoit vu une crue pareille.  Ne pouvant me rendre a Boude (Bude) par le droit chemin, j’allai a une ville champetre (un village) nommee Pensey.  De Pensey j’arrivai par la plaine la plus unie que je connoisse, et apres avoir traverse en bac une riviere a Beurquerel, ville qui appartient au despote de Rassie, et ou je passai deux autres rivieres sur un pont.  De Beurquerel je vins a Verchet, qui est egalement au despote, et la je passai la Tiste (la Teisse), riviere large et profonde.  Enfin je me rendis a Segading (Segedin) sur la Tiste.

Dans toute la longueur de cette route, a l’exception de deux petits bois qui etoient enclos d’un ruisseau, je n’ai pas vu un seul arbre.  Les habitans n’y brulent que de la paille ou des roseaux qu’ils ramassent le long des rivieres ou dans leurs nombreux marecages.  Ils mangent, au lieu de pain, des gateaux tendres; mais ils n’en ont pas beaucoup a manger.

Segedin est une grande ville champetre, composee d’une seule rue qui m’a paru avoir une lieue de longueur environ.  Elle est dans un terroir fertile, abondant en toutes sortes de denrees.  On y prend beaucoup de grues et de bistardes (outardes), et j’en vis un grand marche tout rempli; mais on les y apprete fort malproprement, et on les mange de meme.  La Teisse fournit aussi quantite de poissons, et nulle part je n’ai vu riviere en donner d’aussi gros.

On y trouxe egalement une grande quantite de chevaux sauvages a vendre; mais on sait les domter et les apprivoiser, et c’est une chose curieuse a voir.  On m’a meme assure que qui en voudroit trois ou quatre mille, les trouveroit dans la ville.  Ils sont a si bon marche que pour dix florins de Hongrie on auroit un tres-beau roussin (cheval de voyage).

L’empereur, m’a-t-on dit, avoit donne Segedin a un eveque.  J’y vis ce prelat, et me sembla homme de grosse conscience.  Les cordeliers ont dans la ville une assez belle eglise.  J’y entendis le service.  Ils le font un peu a la Hongroise.

De Segedin je vins a Paele (Pest), assez bonne ville champetre sur le Danube, vis-a-vis Bude.  D’une ville a l’autre le pays continue d’etre, bon et uni.  On y trouve une quantite immense de haras de jumens, qui vivent abandonnees a elles-memes en pleine campagne, comme les animaux sauvages; et telle est la raison qui fait qu’on en voit tant au marche de Segedin.

A Pest je traversai le Danube et entrai dans Bude sept jours apres mon depart de Belgrade.

Bude, la principale ville de Hongrie, est sur une hauteur beaucoup plus longue que large.  Au levant elle a le Danube, au couchant un vallon, et au midi un palais qui commande la porte de la ville, palais qu’a commence l’empereur, et qui, quand on l’aura fini, sera grand et fort.  De ce cote, mais hors des murs, sont de tres beaux bains chauds.  Il y en a encore au levant, le long du Danube, mais qui ne valent pas les autres.

Copyrights
Project Gutenberg
The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 from Project Gutenberg. Public domain.