The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

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Je partis donc de Barut avec mon moucre le lendemain du jour ou la galere avoit mis a la voile, et nous primes le chemin de Saiette, entre la mer et les montagnes.  Souvent ces montagnes s’avancent si pres du rivage qu’on est oblige de marcher sur la greve, et quelquefois elles en sont eloignees de trois quarts de lieue.

Apres une heure de marche je trouvai un petit bois de hauts sapins que les gens du pays conservent bien precieusement.  Il est meme severement defendu d’en abattre aucun; mais j’ignore la raison de ce reglement.

Plus loin etoit une riviere assez profonde.  Mon moucre me dit que c’etoit celle qui vient de la vallee de Noe, mais qu’elle n’est pas bonne a boire.  Elle a un pont de pierre, pres duquel se trouve un kan ou nous passames la nuit.

Le lendemain je vins a Seyde, ville situee sur la marine (sur la mer), et fermee du cote de terre par des fosses peu profonds.

Sur, que les Maures nomment Four, est situee de meme.  Il est abreuve par une fontaine qu’on trouve a un quart de lieue vers le midi, et dont l’eau, tres-bonne, vient, par-dessur des arches, se rendre dans la ville.

Je ne fis que la traverser, et elle me parut assez belle; cependant elle n’est pas forte, non plus que Seyde, toutes deux ayant ete detruites autrefois, ainsi qu’il paroit par leurs murailles, qui ne valent pas, a beaucoup pres, celles de nos villes.

La montagne, vers Sur, s’arrondit en croissant, et s’avance par ses deux pointes jusqu’a la mer.  L’espace vide entre l’une et l’autre n’a point de villages; mais il y en a beaucoup le long de la montagne.

Une lieue au-dela on trouve une gorge qui vous oblige de passer sur une falaise au haut de laquelle est une tour.  Les cavaliers qui vont de Sur a Acre n’ont point d’autre route que ce passage, et la tour a ete construite pour le garder.

Depuis ce defile jusqu’a Acre les montagnes sont peu elevees, et l’on y voit beaucoup d’habitations qui, pour la plupart, sont remplies d’Arabes.  Pres de la ville je rencontrai un grand seigneur du pays nomme Fancardin.  Il campoit en plein champ, et portoit avec lui ses tentes.

Acre, entouree de trois cotes par des montagnes, quoique avec une plaine d’environ quatre lieues, l’est de l’autre par la mer.  J’y fis connoissance d’un marchand de Venise, nomme Aubert Franc, qui m’accueillit bien et qui me procura sur mes deux pelerinages des renseignemens utiles dont je profitai.

A l’aide de ses avis je me mis en route pour Nazareth, et, apres avoir traverse une grande plaine, je vins a la fontaine dont Notre Seigneur changea l’eau en vin aux noces d’Archeteclin; [Footnote:  Architriclinus est un mot Latin forme du Grec, par lequel l’Evangile designe le maitre d’hotel ou majordome qui presidoit aux noces de Cana.  Nos ignarans auteurs des bas siecles le prirent pour un nom d’homme, et cet homme ils en firent un saint, qu’ils appelerent saint Architriclin.  Dans la relation de la Brocquiere, Architriclin est le marie de Cana.] elle est pres d’un village ou l’on dit que naquit saint Pierre.

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