The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 429 pages of information about The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10.

The Principal Navigations, Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation — Volume 10 eBook

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Son second ouvrage etant inedit, j’en parlerai plus au long, mais uniquement d’apres la traduction de Mielot.

Le volume est compose de deux parties, et porte pour titre, Advis directif (conseils de marche et de direction) pour faire le passage d’oultremer.

On a pour ce passage, dit Brochard, deux voies differentes, la terre et la mer; et il conseille au roi de les employer toutes les deux a la fois, la premiere pour l’armee, la seconde pour le transport des vivres, tentes, machines, et munitions de guerre, ainsi que pour les personnes qui sont accoutumees a la mer.

Celle-ci exigera dix a douze galeres, qu’on pourra, par des negociations et des arrangemens, obtenir des Genois et des Venitiens.  Les derniers possedent Candie, Negrepont et autres iles, terres, ou places importantes.  Les Genois ont Pera, pres de Constantinople, et Caffa, dans la Tartarie.  D’ailleurs les deux nations connoissent bien les vents et les mers d’Asie, de meme que la langue, les iles, cotes et ports du pays.

Si l’on choisit la voie de mer, on aura le choix de s’embarquer, soit a Aigues-Mortes soit a Marseille ou a Nice:  puis on relachera en Cypre, comme fit Saint Louis.  Mais la mer et le sejour des vaisseaux ont de nombreux inconveniens, et il en resulte de facheuses maladies pour les hommes et pour les chevaux.  D’ailleurs on depend des vents:  sans cesse on est reduit a craindre les tempetes et le changement de climat.  Souvent meme, lorsqu’on ne comptoit faire qu’une relache, on se voit force de sejourner.  Ajoutez a ces dangers les vins de Cypre, qui de’leur nature sont trop ardents.  Si vous y mettez de l’eau, ils perdent toute leur saveur; si vous n’en mettez point, ils attaquent le cerveau et brulent les entrailles.  Quand Saint Louis hiverna dans l’ile, l’armee y eprouva tous ces inconveniens.  Il y mourut deux cens et cinquante, que contes, que barons, que chevaliers, des plus noble qu’il eust en son ost.

Il est un autre passage compose de mer et de terre, et celui-ci offre deux routes; l’une, par l’Afrique, l’autre par l’Italie.

La voie d’Afrique est extremement difficile, a raison des chateaux fortifies qu’on y rencontrera, du manque de vivres auquel on sera expose, de la traversee des deserts et de l’Egypte qu’il faudra franchir.  Le chemin d’ailleurs est immense par sa longueur.  Si l’on part du detroit de Gibraltar, on aura, pour arriver a deux petites journees de Jerusalem, 2500 milles a parcourir; si l’on part de Tunis, on en aura 2400.  Conclusion:  la voie d’Afrique est impracticable, il faut y renoncer.

Celle d’Italie presente trois chemins divers.  L’un par Aquilee, par l’Istrie, la Dalmatie, le royaume de Rassie (Servie) et Thessalonique (Salonique), la plus grande cite de Macedoine, laquelle n’est qu’a huit petites journees de Constantinople.  C’est la route que suivoient les Romains quand ils alloient porter la guerre en Orient.  Ces contrees sont fertiles; mais le pays est habite de gens non obeissans a l’eglise de Rome.  Et quant est de leur vaillance et hardiesse a resister, je n’en fais nulle mention, neant plus que de femmes.

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