Ai communique le contenu de Vos telegrammes du 15/28 Juillet a Grey. Il a declare aujourd’hui a l’Ambassadeur d’Allemagne que les pourparlers directs entre la Russie et l’Autriche avaient echoue, et que les correspondants des journaux mandaient de St.-Petersbourg que la Russie mobilisait contre l’Autriche a la suite de la mobilisation de cette derniere. Grey dit qu’en principe le Gouvernement Allemand s’est declare en faveur de la mediation, mais qu’il rencontre des difficultes quant a la forme. Grey a insiste pour que le Gouvernement Allemand indiquat la forme laquelle a l’avis de l’Allemagne pourrait permettre aux 4 Puissances d’exercer leur mediation pour eviter la guerre; vu le consentement de la France, de l’Italie et de l’Angleterre la mediation pourrait avoir lieu seulement dans le cas ou l’Allemagne consentirait a se ranger du cote de la paix.
(Signe) Benckendorff.
No. 55.
L’Ambassadeur en France au Ministre des Affaires Etrangeres.
(Telegramme). Paris, le 16/29 Juillet 1914.
Viviani vient de me confirmer l’entiere resolution du Gouvernement Francais d’agir d’accord avec nous. Cette resolution est soutenue par les cercles les plus etendus et par les partis, y compris les radicaux-socialistes, qui viennent de lui presenter une declaration exprimant la confiance absolue et les dispositions patriotiques du groupe. Des son arrivee a Paris, Viviani a telegraphie d’urgence a Londres que vu la cessation des pourparlers directs entre Petersbourg et Vienne il etait necessaire que le Cabinet de Londres renouvelat le plus tot possible sous telle ou autre forme sa proposition concernant la mediation des Puissances. Avant moi Viviani a recu aujourd’hui l’Ambassadeur d’Allemagne qui lui a renouvele l’assurance des tendances pacifiques de l’Allemagne. Viviani ayant fait observer que si l’Allemagne desirait la paix elle devrait se hater d’adherer a la proposition de mediation anglaise, le Baron Schoen a repondu que les mots “conference” ou “arbitrage” effrayaient l’Autriche. Viviani a replique qu’il ne s’agissait pas de mots et qu’il serait facile de trouver une autre forme de mediation. D’apres l’avis du Baron de Schoen, pour le succes des negociations entre les Puissances il serait necessaire de savoir ce que l’Autriche compterait demander a la Serbie. Viviani a repondu que le Cabinet de Berlin pourrait bien facilement s’en enquerir aupres de l’Autriche, mais qu’en attendant la note responsive serbe pourrait servir de base a la discussion; il a ajoute que la France desirait sincerement la paix, mais qu’elle etait en meme temps resolue d’agir en pleine harmonie avec ses allies et amis, et que lui, le Baron de Schoen, avait pu se convaincre que cette resolution rencontrait la plus vive approbation du pays.
(Signe) Iswolsky.
No. 56.
Telegramme de son Altesse Royale le Prince Alexandre
de Serbie a sa
Majeste l’Empereur.


