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This eBook from the Gutenberg Project consists of approximately 177 pages of information about La Lgende des Sicles.

Quant au mode de formation de plusieurs des autres poemes dans la pensee de l’auteur, on pourra s’en faire une idee en lisant les quelques lignes placees en note avant la piece intitulee Les Raisons du Momotombo; lignes d’ou cette piece est sortie.  L’auteur en convient, un rudiment imperceptible, perdu dans la chronique ou dans la tradition, a peine visible a l’oeil nu, lui a souvent suffi.  Il n’est pas defendu au poete et au philosophe d’essayer sur les faits sociaux ce que le naturaliste essaie sur les faits zoologiques, la reconstruction du monstre d’apres l’empreinte de l’ongle ou l’alveole de la dent.

Ici lacune, la etude complaisante et approfondie d’un detail, tel est l’inconvenient de toute publication fractionnee.  Ces defauts de proportion peuvent n’etre qu’apparents.  Le lecteur trouvera certainement juste d’attendre, pour les apprecier definitivement, que La Legende des Siecles ait paru en entier.  Les usurpations, par exemple, jouent un tel role dans la construction des royautes au moyen age et melent tant de crimes a la complication des investitures, que l’auteur a cru devoir les presenter sous leurs trois principaux aspects dans les trois drames, Le Petit Roi de Galice, Eviradnus, La Confiance du Marquis Fabrice.  Ce qui peut sembler aujourd’hui un developpement excessif s’ajustera plus tard a l’ensemble.

Les tableaux riants sont rares dans ce livre; cela tient a ce qu’ils ne sont pas frequents dans l’histoire.

Comme on le verra, l’auteur, en racontant le genre humain, ne l’isole pas de son entourage terrestre.  Il mele quelquefois a l’homme, il heurte a l’ame humaine, afin de lui faire rendre son veritable son, ces etres differents de l’homme que nous nommons betes, choses, nature morte, et qui remplissent on ne sait quelles fonctions fatales dans l’equilibre vertigineux de la creation.

Tel est ce livre.  L’auteur l’offre au public sans rien se dissimuler de sa profonde insuffisance.  C’est une tentative vers l’ideal.  Rien de plus.

Ce dernier mot a besoin peut-etre d’etre explique.

Plus tard, nous le croyons, lorsque plusieurs autres parties de ce livre auront ete publiees, on apercevra le lien qui, dans la conception de l’auteur, rattache La Legende des Siecles a deux autres poemes, presque termines a cette heure, et qui en sont, l’un le denoument, l’autre le commencement:  La Fin de Satan, Dieu.

L’auteur, du reste, pour completer ce qu’il a dit plus haut, ne voit aucune difficulte a faire entrevoir, des a present, qu’il a esquisse dans la solitude une sorte de poeme d’une certaine etendue ou se reverbere le probleme unique, l’Etre, sous sa triple face:  l’Humanite, le Mal, l’Infini; le progressif, le relatif, l’absolu; en ce qu’on pourrait appeler trois chants, La Legende des Siecles, La Fin de Satan, Dieu.

Il publie aujourd’hui un premier carton de cette esquisse.  Les autres suivront.

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